[Tribune] Les Guinéens veulent un patriote (peu importe son âge) au pouvoir qui aime son pays et un sens élevé de l’Etat après la transition

 Ceux qui font la promotion dans l’opinion publique de mettre hors-jeu les acteurs politiques d’un certain âge sans raison objective, peuvent constituer de sérieuses menaces sur la stabilité politique et sociale dans ce pays et représentent un obstacle pour la mise en œuvre des objectifs de cette transition qui suscite tous les espoirs.

 La question d’une nouvelle génération de politiques au sommet de l’Etat s’invite dans le débat public dans notre pays et oriente les esprits des guinéens sur une question qui ne mérite pas d’être discutée dans le contexte actuel de notre histoire politique.

  • Ce serait trop demander aux autorités de la transition d’éliminer des guinéens à la conquête de la magistrature suprême à cause de leur âge ;
  • Car les problèmes actuels de notre pays sont le fait des guinéens (individus et groupes d’intérêts) qui n’ont pas été des patriotes en donnant la primauté à l’intérêt personnel au détriment de l’intérêt collectif ;
  • Alors que l’émergence économique ne se décrète pas ;
  • Même si les primaires dans les coalitions des partis politiques peuvent être des pistes à explorer dans le cadre d’un dialogue pour la réduction du nombre élevé de partis politiques.

Ce serait trop demander aux autorités de la transition d’éliminer des guinéens à la magistrature suprême à cause de leur âge

Dans le débat public, des leaders d’opinions affirment : « qu’il faut dissoudre les partis, donner le pouvoir politique aux jeunes en imposant la limite d’âge ».

Si je respecte cet avis, mais cet angle d’analyse n’est pas de nature à favoriser la paix sociale et la stabilité politique dans notre pays.

On ne peut pas demander aux autorités de la transition de prendre des mesures pour éliminer des guinéens considérés comme âgés (qui est d’ailleurs un privilège et un don de Dieu) juste pour des raisons subjectives ; ce serait trop léger comme argument pour des leaders politiques qui peuvent apporter mieux que quiconque leur contribution au développement économique et social de ce pays. Ce qui serait sans précèdent dans l’histoire politique de ce pays car cette décision n’aura aucun fondement logique et juridique et ne serait pas conforme à la nécessité de laisser au peuple de Guinée le libre choix de ces dirigeants.

Cette approche est à rejeter et elle est source des tensions et d’instabilité politique qui sont vraiment inutiles dans notre pays. Les exemples dans les pays à expérience démocratique de plusieurs siècles sont là pour le prouver car les problèmes actuels de notre pays sont le fait d’un certain nombre de Guinéens qui ne font pas honneur à ce pays. Sincèrement, la question de l’âge dans le débat public n’est pas une priorité pour les guinéens.

Les problèmes actuels de la guinée sont le fait des guinéens jeunes et vieux qui n’ont pas étédes patriotes en donnant la primauté à l’intérêt personnel au détriment de l’intérêt collectif

Pendant près de quarante ans (deuxième et troisième république principalement de 1985 à 2021), le pillage systématique des maigres ressources n’est pas contestable au vue des résultats économique et sociaux obtenus et les données sur la réalité de l’effectivité de la mauvaise gouvernance et la corruption attestées par les publications des organisations internationales indépendantes sur la gestion publique dans notre pays.

On a intégré dans le fonctionnement de notre pays des pratiques de délinquances économiques et financières, à cause du comportement de certains commis de l’Etat qui l’ont dirigé à systématiquement privatiser les profits de leur gouvernance à la tête de ce pays. Ce qui fait qu’il ne faut pas attendre de ce pays qu’il soit un moteur de développement autre que pour les individus ou des groupes d’intérêts privés qui ont pris ce pays en otage. Voilà l’une des raisons objectives de notre retard économique et social. Loin d’être une question d’âge, c’est plutôt dû à un manque de sens de l’Etat qui a caractérisé le comportement de la majorité de ceux qui ont assumé des responsabilités importantes dans notre pays.

La vertu de notre Etat est d’être à la fois pour tous les guinéens sans discrimination aucune.  Dès lors sa matérialité a besoins d’être constamment validée par un certain nombre de pratiques, de mécanismes et d’attitudes de tout le corps social composant notre pays.

Un homme d’Etat, c’est « la marque de celui ou de celle qui a acquis la reconnaissance d’être qualifié de grand commis de l’Etat » que de savoir faire la différence entre la fonction et la personne qui l’incarne dans sa mission au sein de l’administration publique.

Ce retard de développement de ce pays est le fait de groupes de guinéens vieux et jeunes qui ont eu l’opportunité d’assumer des responsabilités importantes au niveau des appareils politiques et administratifs, ont plongé notre pays dans la mauvaise gouvernance, la pauvreté chronique, le chômage et l’injustice sociale.

Ces actes de gestion ont impacté négativement sur les conditions de vie des populations et ont utilisés leur position pour piller le pays ; créer les conditions inévitables de son retard économique et social ; appauvrit ses populations.

Les données factuelles et les piètres résultats de la Gouvernance économique et financière de la période mentionnée sont là pour nous édifier. Voilà les raisons pour lesquelles le peuple ne demande que des patriotes qui aiment leur pays et visionnaires pour réaliser l’émergence économique et le développement. D’où la nécessité pour les patriotes (jeunes ou vieux) de se mobiliser, avoir l’audace d’agir pour changer la donne.

Alors que l’émergence économique et le développement ne se décrète pas

Notre pays connaîtra l’émergence et le développement durable si ses dirigeants seront capables à imposer à notre peuple un comportement favorable à la productivité et à l’efficacité économique à travers le bon exemple donné par ceux-là qui ont la chance de gérer les destinés de ce pays en privilégiant les valeurs d’intégrité dans la gestion de la chose publique ; l’acceptation des règles et des lois ; la lutte sans merci contre la corruption et les détournements de deniers publics ; le népotisme et le clientélisme et lutter contre l’injustice sous toutes ses formes.

Pour cela, on n’a pas besoin d’être jeune ou âgé mais juste aimer son pays et s’imposer les lois de la République.

Pour réaliser dans notre pays une croissance économique forte et inclusive sur la longue durée , réaliser des réformes nécessaires pour une économie diversifiée , mettre en place des institutions politiques stables pour favoriser la mise en place des politiques de longue durée et mobiliser une population jeune et dynamique pour le développement sont des défis majeurs à enjeux importants pour notre peuple dans sa globalité, ce qui exige un sens élevé de l’Etat dans la gestion des affaires publiques.

Les patriotes de ce pays doivent former une large coalition pour combattre la pauvreté, le chômage, la corruption, l’ethnocentrisme et le communautarisme et donner enfin la chance à ce pays de retrouver le chemin de l’émergence économique et le développement économique et la prospérité.

Nous sommes heureux de constater que des jalons importants sont posés au cours de cette transition pour atteindre ces objectifs nobles et indispensables pour un avenir radieux de ce pays.

Même si les primaires dans les coalitions des partis politiques peuvent être des pistes à explorer dans le cadre d’un dialogue pour la réduction du nombre de paris politiques

Comme l’a dit le Président de la transition, chef de l’Etat son Excellence Mamadi DOUMBOUYA : Aucun Guinéen ne sera éliminé de la course par les autorités de la transition, seul les actes de gestion posés en qualité de haut commis de l’Etat peuvent être facteur d’élimination suite à un processus judiciaire juste, transparent et impartial. C’est une décision politique sage et juste qu’il faut saluer.

En effet, ceux qui font la promotion dans l’opinion publique de mettre hors-jeu les acteurs politiques d’un certain âge sans raison objective, ils peuvent constituer de sérieuses menaces sur la stabilité politique et sociale dans ce pays, un obstacle pour la mise en œuvre des objectifs de la transition et de développement économique et social essentiel pour sortir nos populations de la pauvreté et le chômage. Ce qui nous sommes convaincu n’est pas volonté des acteurs importants de la transition.

Heureusement que les autorités de la transition (CNRD ; CNT) principalement l’ont bien compris et nous sommes convaincu qu’elles vont agir dans ce sens et réussir cette transition  qui peut être une opportunité certaine pour notre pays de renouer avec la stabilité politique et la paix sociale gage de tout développement économique et social.

Le contexte actuel de notre pays permet d’explorer par le dialogue, au sein des différentes coalitions de partis politiques, l’organisation des primaires pour le choix des présidents des coalitions qui à la fin de ce processus, seront constitués en partis politiques.

En effet, cela permettra une réduction significative de partis dans notre pays passant de près de deux cent de nos jours à plus d’une vingtaine. Une fois cet objectif atteint et sur la base des critères rigoureux d’intégrité, de moralité, à imposer à tout prétendant à la magistrature suprême, ou tout autre poste électif, le peuple peu désormais décider librement le choix de ses dirigeants pour prendre en main sa destinée.

L’Etat est incarné par ceux qui le dirigent. C’est eux qui ont la responsabilité, qui inspirent et qui orientent selon l’idée qu’ils ont de notre société et des moyens qu’ils préconisent pour y parvenir. C’est pourquoi, mieux que quiconque, nos dirigeants doivent donc témoigner d’un sens élevé de l’Etat qui est pour eux à la fois une exigence légale, morale, pédagogique et didactique.

En faisant quotidiennement la preuve de leur engagement au service du bien commun qui est une mission pour nos dirigeants, ils donnent non seulement un sens à leur serment mais impulsent également une dynamique à toute la société de façon générale. Ainsi notre société serait à l’image de ses dirigeants et notre Etat ne pourra être le moteur du développement économique et social de ce pays si l’essentiel de ses ressources est accaparé par des individus au détriment de la collectivité. Avec cette transition, des décisions d’importance capitale sont en cours de réalisation pour inverser cette tendance en vue de faire de l’Etat, un véritable moteur de développement économique et social à travers une gestion rationnelle des ressources publiques.

Les exigences du développement, les défis auxquels ce pays est confronté, nous condamnent à nous entendre et à donner la chance à ce peuple à demeurer ensemble dans la paix. C’est à ce seul prix que la guinée pourra atteindre l’émergence économique.

Donc, nous invitons chacun d’œuvrer pour la réussite de la transition à travers la promotion :

  • De la bonne gouvernance ;
  • De la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics ;
  • Du dialogue social et politique ;
  • De la moralisation de la gestion publique ;
  • Du respect des lois.

Ces mesures de politique publique sont en cours de mise en œuvre par les autorités de la transition que nous encourageons vivement à persévérer car les réformes douloureuses mais importantes sont souvent parsemées d’embuches et nécessitent plus de courage et d’audace de la part des décideurs.

Ainsi, on aura vraiment servi le pays en prenant en compte les défis essentiels et les véritables solutions qui vaillent la peine d’être proposées. Nous avons bon espoir quant à l’atteinte des objectifs dans ces domaines par les autorités du CNRD qui sont animées d’un patriotisme économique attesté par des actes concrets dans la gestion du budget de l’Etat : les réformes économiques et financières, la création de co-entreprise dans le secteur minier, la santé et les réformes importantes dans le secteur de la justice principalement.

On gagnerait du temps et éviter tant de gaspillages de ressources dans notre pays si chaque dirigeant de ce pays à quelque niveau que se situent leurs responsabilités donnent la primauté au sens de l’Etat sur le sens de l’individu qui est aujourd’hui une réalité dans la gestion des affaires publiques de ce pays.  Ainsi, avoir le sens de l’Etat, revient simplement à faire prévaloir toujours l’intérêt général qui est l’essence même de la société et de l’Etat.

Donc, vivement, les Guinéens veulent un patriote (peu importe son âge) au pouvoir qui aime son pays, les mains propres, intègre et un sens élevé de l’Etat après la transition pour assurer la pérennité des acquis sur le plan de la gouvernance économique et financière qui seront chèrement obtenus par les autorités de la transition au profit de tous les guinéens.

 

 Conakry, le 29/Juillet/2022

CONDE Mamady/M2BF/ Etudes du développement

Condemamdy2007@gmail.com/628106305/669 08 25 29

 

 

 

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